Du malade et de ses symptômes

Ci dessous un extrait de la Matière médicale homéopathique du Docteur Kent (page 881, second tome, pour le remède “SULFUR”) :

“Pensez autant que possible au sujet malade, et aussi peu que possible au nom ou aux états pathologiques des organes. De sorte que lorsque les malades vous disent : “Docteur, pouvez vous guérir ma surdité ?”, répondez leur : “C’est d’abord vous qu’il faut guérir. La chose la première et la plus importante est de vous guérir, vous.” Guérissez le malade, et l’on verra ensuite ce qu’on peut faire pour l’oreille, pour l’ouïe. Cela vous garde l’esprit dans la droite ligne, vous maintient dans un rapport normal avec le malade. Si vous parlez tout le temps de l’oreille, le malade vous harcèlera au sujet de son oreille. “Quand allez vous faire quelque chose pour mon oreille ? Quand est ce que je vais entendre ?”  Qu’il soit bien compris dès le départ que le malade tout entier doit être traité. Pensez au malade d’abord et faites lui comprendre cela (…) C’est la maladie du corps tout entier qui est à traiter. Des troubles tels que ceux de l’oreille n’existent pas considérés en dehors de l’état constitutionnel du malade lui même.”

Acupuncture traditionnelle et médecine occidentale

A l’heure où certains groupes de pression voudraient voir l’acupuncture être totalement absorbée dans le giron de la médecine occidentale, c’est à dire que seuls les médecins ayant un diplôme d’état détiendraient le monopole de la pratique acupuncturale, il est de bon ton de rappeler ici certaines évidences.

L’Acupuncture traditionnelle est pratiquée depuis des millénaires en Asie (en Inde aussi). Les acupuncteurs n’ont pas attendu Mao en Chine, ni le diplôme d’état de médecine en France pour pratiquer leur art et obtenir des résultats probants. L’acupuncture aujourd’hui, loin d’être plus efficace ou “scientifique” que dans le lointain passé est au contraire dégénérée par l’influence de la médecine allopathique, qui s’attache à enlever des symptômes plutôt qu’à comprendre le malade globalement.

C’est pour cette raison qu’une acupuncture confisquée par les médecins risque la standardisation. Il n’est pas question ici de dénigrer la médecine occidentale mais plutôt de sauvegarder une acupuncture digne de ce nom, qui ne perd pas ses valeurs propres et sa spécificité. Vouloir standardiser les traitements en fonction des symptômes et ne pas chercher la racine de la maladie et la spécificité du patient, c’est perdre toute l’essence de l’acupuncture. D’autant plus que chaque discipline a ses propres outils théoriques et pratiques pour comprendre le patient et la maladie : ces approches sont complémentaires et l’une n’a pas besoin de supplanter l’autre. Ce qui serait malheureux et inefficace, c’est d’aborder la médecine occidentale avec les yeux d’un acupuncteur et l’acupuncture avec les yeux d’un médecin !

L’acupuncture est aujourd’hui patrimoine immatériel de l’Humanité, raison de plus pour qu’elle ne soit l’apanage d’aucun groupe. Un bon acupuncteur est simplement quelqu’un qui a suivi une bonne formation traditionnelle, qui plonge dans la philosophie et la grille de lecture spécifiques de l’Acupuncture. La formation officielle destinée aux médecins n’est pas meilleure qu’une autre. Et surtout être médecin ne constitue en aucun cas une aide ou un avantage pour exercer l’art des aiguilles et du feu (moxas), tant la vision traditionnelle est éloignée de la perspective mécaniste et ultra spécialisée de l’allopathie.

Prétendre confisquer et monopoliser un art de santé traditionnel pratiqué depuis l’Antiquité, revient à faire du pillage culturel. C’est aussi absurde, par exemple, que de décider que seuls les médecins français puissent utiliser les plantes dont se servent les guérisseurs traditionnels en Amazonie, au motif qu’elle sont efficaces. Ainsi les médecins français seraient ils prêts à se travestir en chamanes ? En sages chinois ? C’est, en fin de compte, prolonger la mentalité colonialiste, qui pense que l’occident est une civilisation supérieure, mais qui pille allègrement des richesses et des connaissances qui ne lui appartiennent pas !

Le taoïsme, philosophie qui sous tend l’acupuncture, est la voie du juste milieu. Ce qui implique la tolérance et la compréhension de l’autre. Ainsi, en ce monde, il y a de la place pour tout le monde.

Rythmes, saisons et saveurs

Conseils pour une bonne hygiène de vie

INTRODUCTION

Suivre les saisons a toujours été une grande préoccupation sous jacente à la philosophie acupuncturale. L ‘homme est pensé comme un microcosme en relation fractale avec le grand ensemble de la Nature. Ce qui se passe dans la Nature, ce que l’on peut observer de ses manifestations saisonnières, trouve un écho et une résonance dans l’organisme humain. Les méridiens d’acupuncture sont à l’image des fleuves qui parcourent la Terre.

Les pouls radiaux (pouls pris aux poignets) doivent être en concordance avec le mouvements naturels. Par exemple, les poissons s’enfoncent loin et bas dans les rivières en hiver, tout est caché et comme en attente du réveil du printemps; ainsi doit être le pouls, dans sa forme profonde. En été, tout se manifeste en surface, tout s’exprime et se déploie d’activité, ainsi les pouls seront forts et vastes. Il existe aussi une analogie forte entre les points d’acupuncture et les étoiles au firmament. Ne dit on pas que l’être humain, tel un arbre qui a la faculté de se mouvoir, est un trait d’union entre le ciel et la terre ?

Pour les anciens, l’homme à un paysage intérieur qui se modifie en permanence, en symbiose avec le paysage extérieur. Par exemple, l’organe foie, figure la forêt. Les méridiens sont avant tout des axes climatiques, des cordes qui entrent en vibration avec les climats externes. Ainsi, pour être en bonne santé, il faut s’activer au printemps et en été, mais commencer à adopter un mode de vie plus calme en automne et ne pas se dépenser inutilement en hiver.

Après cette succincte introduction, suivent quelques conseils de bien être :

PARTIE I

Activité et aliments

Il est toujours profitable d’exercer une activité sportive le matin ou dans la journée plutôt que le soir. La journée est faite pour l’action et la nuit… pour dormir ! NB : les dates ci dessous sont les véritables saisons, qui, rappelons le, ne sont pas des découpages administratifs arbitraires mais qui sont liées aux équinoxes d’automne et du printemps et aux solstices d’hiver et d’été (les équinoxes et solstices sont les milieux de saison).

Du 5 Août au 5 Novembre : L’automne est le moment de l’engrangement de la récolte, à l’image de ce qui se passe dans le monde paysan : il convient de diminuer son activité, de se coucher plus tôt, de penser à faire un bilan de l’année écoulé : l’heure est à une diminution de l’action. Les refroidissements, rhumes et grippes sont à l’honneur et manger des aliments de saveur piquante protègera l’organisme (gingembre, ail, moutarde, radis noir, chou..) La cure de sirop de radis noir à jeun le matin est idéale pour préparer le foie. On la fait en automne, et non pas au printemps.

Du 5 Décembre au 5 Février : L’hiver est le moment de l’introspection, à l’image de la nature qui se replie sur elle même, de toute la vie qui s’enfouit et se cache sous terre. Ne pas faire de sport tard le soir et surtout éviter les activités qui font fournir de grands efforts, notamment cardio vasculaires. Se coucher tôt et manger chaud en toute occasion (l’heure n’est pas aux régimes, encore moins aux aliments qui refroidissent et fatiguent le métabolisme comme les yaourts, crudités, fruits froids, etc). La saveur à l’honneur est la saveur salée, on mangera des légumes de saison, comme toujours et des aliments nourrissants comme le porc à la châtaigne. On fait le bilan de l’année écoulée pour entreprendre de nouvelles actions et démarches au printemps. C’est une période d’introspection, de méditation pour mieux renaître ensuite au printemps. On peut boire des tisanes à base de feuilles de vigne rouge pour la circulation sanguine.

Du 5 Février au 5 Mai : Le printemps est le temps du renouveau, on s’active plus, on marche plus souvent et plus longtemps, on profite de la lumière accrue et de l’énergie qui s’active dans la nature pour faire s’épanouir tous les êtres. C’est le moment favorable pour les changements qui ont été pensés en hiver; déménagements, mutations professionnelles, etc. La saveur associée au printemps est l’acide, les cures d’agrumes ou de jus d’agrumes le matin à jeun, sont les bienvenues. Entreprendre une activité sportive qui étire et assouplit les tendons et muscles est profitable.

Du 5 Mai au 5 Août : L’été représente le maximum d’intensité du développement et de l’action dans tout le règne animal et végétal, l’être humain doit aussi suivre ce mouvement. C’est l’époque des fêtes, de la joie partagée, des sorties… Comme d’habitude, on mangera des produits de saison, et on privilégiera la saveur amère. L’été étant, par analogie, une saison de “feu”, on évitera les sports qui stimulent trop le système cardiovasculaire; (comme en hiver) on ne fera pas de courses à pied trop prolongées ou ardues, on ne s’adonnera pas à l’escalade et aux randonnées trop fatigantes, surtout en montagne.

Il existe une période de transition (“terre”) entre chaque saison, de 18 jours (9 jours sur la fin de la saison qui finit et 9 jours sur celle qui commence), c’est une période d’adaptation, pendant laquelle on peut se sentir moins bien que d’habitude ; l’organisme s’adapte à la mis en place de la nouvelle saisons. Dans un autre système, elle correspond à la fin de l’été, au mois d’août ou les derniers feus et les dernières fortes chaleurs se font sentir. C’est la période de la saveur douce (mais, carottes, potirons, etc).

PARTIE II

Rythme d’une journée, rythme d’une année

Revenons sur l’idée des fractales : une journée équivaut à une année, ce qui se traduit par : le matin est le printemps de la journée, on s’active. Le midi est l’été de la journée, c’est le pic d’activité de la journée, avec au milieu le repas qui fait une pause salutaire. L’après midi est l’automne de la journée, on continue à travailler mais ce n’est pas à ce moment qu’on est le plus efficace (envie de sieste, fatigue post prandiale, hypoglycémie de l’heure du goûter..) Le soir est l’hiver de la journée : on se calme de l’agitation de la journée, on se prépare à dormir en favorisant un climat de tranquillité (pas de sport violent ou de film d’action à la télé !)

Les quantités de nourriture sont fonction des marées énergétiques des méridiens : tout le système digestif (foie, rate, intestins) est à son maximum d’activité le matin; on peut manger de tout et en grandes quantités ! A midi, on mange moins mais en compagnie (c’est l’heure du cœur, il convient donc de partager le repas dans la convivialité et la joie). Le soir, on se contentera d’une soupe (méridiens de vessie et reins en activité), surtout si l’on désire maigrir, car chaque bouchée est stockée ! C’est l’adage bien connu : manger comme un roi le matin, comme un prince à midi et tel un mendiant le soir !

En cas de problèmes digestifs récurrents, comme les sensations de lourdeur, les ballonnements, on diminuera le gluten de son alimentation, voire on le supprimera totalement pendant un moment (moins d’aliments à base de blé). Enfin, les laitages et les sucreries sont aussi à diminuer. Le sucre est en quelque sorte un poison du monde moderne, en médecine chinoise il dérègle la rate/pancréas, il favorise les diabètes de type II et est soupçonné d’être un facteur de risque dans le développement des cancers. C’est une “déviance” de la saveur douce naturelle qui est celle de certains légumes (carottes, mais, etc) et des fruits.

En suivant ces quelques conseils simples de bien être, on aura une meilleure hygiène de vie.

Philosophie de l’Acupuncture

L’Acupuncture : qu’est ce ?

L’Acupuncture a pour système de base l’analogie ; c’est à dire que les Anciens observaient la Nature et vérifiaient sur l’être humain cette correspondance : Nature/macrocosme et individu/microcosme. C’est le principe des fractales ; la partie est dans le tout et le tout est dans la partie. Ce qui se passe à plus grande échelle dans l’Univers doit trouver une exacte résonance dans la plus petite particule de vie.

La vie c’est le mouvement

Ainsi, l’être qui vit en adaptant son comportement et en variant son alimentation continuellement selon le mouvement des saisons, saura se préserver de la maladie. L’importance du mouvement est primordial; selon les Anciens, il faut suivre l’écoulement des quatre saisons pour préserver son équilibre et ne pas tomber malade. La vie est vue comme un mouvement incessant qui façonne et transforme la Nature toute entière: l’être humain étant indissociable des autres formes de vie animales et végétales, il ne peut se soustraire à ce rythme naturel, sous peine d’en subir les conséquences néfastes. Tout problème (physique, émotionnel, etc) est pensé comme une fossilisation, un arrêt de l’adaptation naturelle.

Prévenir plutôt que guérir
Creuser le puits avant la soif

Le proverbe chinois dit, « commencer à se guérir alors que la maladie est déjà déclarée c’est comme commencer de creuser un puits alors que la soif se fait déjà sentir ». L’acupuncture agit sur des maladies installées mais elle considère que la voie de la prévention est la voie royale. En prenant les pouls, l’acupuncteur se rend compte de déséquilibres qui sont imperceptibles sur le plan organique. Pourquoi ? L’énergie qui circule dans les méridiens est une onde, une information perceptible aux pouls radiaux et cette information précède le trouble organique.

En posant des aiguilles, l’acupuncteur crée, pour donner une image, un circuit électrique qui donne des informations à l’organisme, afin de créer un nouvel équilibre. Par exemple, le point 43 Vessie, connu pour ses indications sur l’anémie, permet de produire 200 000 globules rouges en une demie heure, selon les expériences menées par Soulié de Morant à hôpital Bichât.

Les symptômes ne sont pas la maladie

L’Acupuncture considère deux formes d’énergie à la base de la santé : l’énergie issue de la respiration et l’énergie issue de l’alimentation. Une bonne alimentation conjuguée à une bonne respiration, ainsi qu’une vie émotionnelle équilibrée (c’est à dire des émotions modérées), sont les garants de la santé. Les symptômes sont un signal d’alarme : le patient doit s’arrêter et réfléchir à ce qui ne va pas dans sa vie. Tout symptôme est considéré comme une alerte, un ajustement du corps à une situation qui n’est pas bonne ; la véritable maladie c’est la façon dont nous vivons nos vies sans prendre conscience des ajustements à faire.

Prendre conscience pour avancer

La santé étant le mouvement et l’adaptation continuelle, la maladie signe aussi un blocage, un arrêt dans la capacité de la personne à évoluer.

Vivre au présent

Nous verrons fréquemment des personnes qui n’ont pas digéré une situation émotionnelle et qui continuent à « traîner » ce boulet des années après, ce qui à la longue, cristallise et provoque des troubles organiques.

Il est donc aussi essentiel de parler et de faire prendre conscience au patient, sans pour autant jouer le rôle de « psy », des évènements de sa vie qui, s’ils continuent à vivre avec lui, l’empêchent d’avancer. En ce sens, l’Acupuncture responsabilise le patient; elle lui donne des clés pour comprendre ses déséquilibres et l’énergie correcte pour avancer sur son chemin personnel, en se libérant de son passé.

Selon la philosophie du Tao : « pas de crédit dans le passé ». Une émotion ou un événement douloureux ne doit pas laisser plus de traces que le vol d’un oiseau dans le ciel. L’évolution idéale d’un chemin de vie est celui de l’allègement progressif, c’est à dire de partir de la matière pour aller vers le spirituel. Difficile dans ce monde matérialiste où les tentations d’attachement (affectif, vénal, etc.) et de possession sont nombreuses ! Le but ultime est de vivre totalement dans le présent, sans nostalgie du passé ni peur pour l’avenir. Et d’effacer peu à peu son ego.

 

L’Acupuncture en pratique

Déroulement d’une séance

De manière pratique, une séance d’Acupuncture, consiste en un échange verbal, un certain nombre d’observations (prise des pouls radiaux, palpation du ventre, observation de la langue), et la pose des aiguilles. Les aiguilles sont fines, flexibles, indolores ; cela ne ressemble en rien aux piqûres de seringues, rassurez vous ! Durée totale: environ 1h. Les effets sont multiples, sur la sphère physique en agissant sur un large éventail de troubles (digestifs, douleurs physiques comme les sciatiques, douleurs à l’épaule, syndromes menstruels, allergies, migraines, etc.) et sur la sphère émotionnelle (coup de blues, angoisse, anxiété, épuisement, etc.).

Des êtres et des arbres

L’être humain est comme un arbre, avec ses racines et son histoire; les symptômes sont les “brindilles”, c’est à dire les feuilles. Un bon acupuncteur cherche non seulement à soigner les feuilles mais aussi et surtout à s’occuper du tronc et des racines, ce qui demande aussi un partage avec le patient autour de son histoire personnelle. C’est une thérapie humaniste qui cherche à remonter à la source des maux du patient (ses racines). Justifier
Plus d’information : contact : « acupuncturetraditionnelle@hotmail.fr »

(L’Acupuncture traditionnelle ne se substitue pas aux traitements de votre médecin.)

Pour la perpétuation de la tradition

Rappelons aussi que l’Acupuncture est un art vieux de plusieurs millénaires basé sur les grands classiques (Su Wen, Ling Tchou) rédigés avant notre ère. En dépit du concept théorique du “progrès”, l’Acupuncteur contemporain est face au défi de replonger dans les sources de l’Antiquité et de la tradition s’il veut comprendre son art et le pratiquer de manière efficace Faire une Acupuncture occidentalisée ou modernisée reviendrait à la réduire à une “aiguillothérapie” qui ne ferait que soulager des symptômes sans jamais s’attaquer aux racines du mal être.

Ainsi, l’apprentissage de la médecine occidentale ne constitue en rien une aide ou un avantage pour être acupuncteur. Seule une formation traditionnelle digne de ce nom, ouverte à toutes et à tous, garantit un exercice de qualité.

Et pour plus d’informations sur la nécessité de se former sérieusement :

http://www.centre-imhotep.com/

Centre de formation en Acupuncture traditionnelle.